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Journée Mondiale contre la Drépanocytose

Mesdames et Messieurs

Ce 19 juin 2025, la Communauté Internationale célèbre la Journée Mondiale de Lutte contre la Drépanocytose, maladie classée par l’Organisation Mondiale de la Santé en 2008, comme priorité de santé publique pour la zone Afrique, et qui occupe le quatrième rang dans les priorités en matière de santé publique mondiale, après le cancer, le sida et le paludisme.

Le thème de l’édition de cette année : « Faire briller la lumière sur la Drépanocytose », inaugure le soutien aux familles touchées dans le but d’aider à sensibiliser les populations aux défis auxquels sont confrontées les malades et de promouvoir la recherche de meilleurs traitements tout en insistant sur le mode de transmission, les signes de gravité et la conduite à tenir en cas d’atteinte.

Maladie génétique du sang, la Drépanocytose est sur le continent africain, la première maladie génétique affectant, dès la naissance, des milliers de malades victimes des troubles de l’hémoglobine qui affectent le fonctionnement normal de l’hémoglobine dans les globules rouges. Elle est plus fréquente chez les personnes d’ascendance Africaine, méditerranéenne, moyen orientale et Indienne.

Il s’agit d’une maladie héréditaire qui entraine une modification de la taille et de la forme des globules rouges, réduisant ainsi la capacité du sang à transporter l’oxygène, le trouble de l’hémoglobine le plus courant est l’anémie falciforme. On enregistre près de 300 000 naissances homozygotes chaque année avec de graves troubles de l’hémoglobine.

Les symptômes comprennent des épisodes de douleur, une anémie provoquant souvent une fatigue, de la faiblesse, des essoufflements et une pâleur, parfois un ictère modéré, un gonflement des mains et des pieds. On note également une croissance ralentie et une puberté retardée chez les enfants, des problèmes oculaires y compris la cécité.

Enfin il y a également des infections fréquentes telles que des pneumonies, des méningites ou septicémies et autres. Avec l’avancée en âge, ces risques de complications persistent et d’autres apparaissent, plus spécifiques, liés à l’évolution à long terme de la maladie. Les estimations mondiales restent assez grossières : 6 à 9 millions de personnes seraient atteintes de syndrome drépanocytaire majeur dans le monde en 2021 ; de 5 à 15 millions en Afrique en 2023. Les sujets hétérozygotes ou porteurs sains, se comptent en centaines de millions.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, en 2017 près de 5% de la population mondiale portaient un gène responsable d’une anomalie de l’hémoglobine et la majorité des personnes atteintes de cette maladie vivent en Afrique Noire avec des prévalences qui varient entre 10 et 40 %. Aujourd’hui dans le monde entier, il y a à peu près 50 millions de drépanocytaires.

Dans la Région africaine, la charge de la drépanocytose augmente en fonction de la croissance démographique, avec de graves conséquences sur la santé publique et la situation socio-économique.

En dépit de l’intérêt manifesté récemment à un haut niveau pour la drépanocytose, notamment l’engagement des Premières Dames, les investissements dans la prévention et la prise en charge de la drépanocytose, en recourant à des mesures efficaces de prévention primaire et à la prise en charge globale, restent insuffisants.

Au Gabon, les statistiques font état de 25% de porteurs du gène de la drépanocytose au sein de la population, c’est-à-dire un Gabonais sur quatre. Nous pensons cependant que cette donnée est supérieure à la réalité. 

Mesdames et Messieurs,

En 2022, une étude réalisée par le laboratoire de Biologie de l’Université des Sciences et Techniques de Massuku, du Centre International de Recherches Médicales de Franceville en collaboration avec des Centres de Recherche Américaines, montrait que sur 3957 enfants testés, (53) soit 1,34 de SS et (678) soit 17, 13 de AS. Bien que l’échantillon soit petit, nous avons tout de même 18,47 % de porteurs de gènes malades.

Par ailleurs selon les données collectées dans le logiciel DHIS2, le profil épidémiologique de la Drépanocytose en 2024 fait état de 2577 cas notifiés dans les différents laboratoires du pays. Le graphique ci-dessous montre que sept (7) Régions sanitaires ont enregistré le plus grand nombre de cas. Respectivement, Libreville – Owendo (N=1143), Ouest (N=339), Maritime (N=333), Centre Sud (N=245), Centre (N=205), Sud Est (N=125) et Centre Est (N=122).

La maladie se manifeste plus ou moins sévèrement selon l’environnement. Un temps froid, une variation de température ou un manque d’oxygène favorisent les complications aiguës et douloureuses. Dans les pays en voie de développement, les infections sont la principale cause de décès des enfants drépanocytaires, surtout en Afrique. Dans les pays développés, les infections peuvent survenir à tout âge. L’impact des facteurs socio-économiques et psychologiques avec le phénomène de stigmatisation fragilisent fortement les familles qui sont déjà impactées par cette maladie.

Les jeunes adultes sont vulnérables à la perte de soins lors de la transition de la prestation pédiatrique à celle des adultes. Cette transition survient à un âge où ils sont plus susceptibles d’avoir des complications chroniques de la maladie.

Au Gabon, l´absence de système transitionnel entre la consultation pédiatrique et adulte, oblige les adultes drépanocytaires à prolonger leur suivi en pédiatrie au-delà de l´âge requis ou à compter sur le service des urgences pour leurs soins. Les conséquences observées sont nombreuses, notamment le risque de développer un accident vasculaire cérébral du fait des problèmes de circulation et des malformations au niveau des artères et vaisseaux du cerveau qui peuvent être abîmés par les globules rouges en forme de croissant de lune qui s’accrochent aux parois.

Les personnes drépanocytaires ont besoin de transfusions de globules rouges régulières qui nécessitent des produits sanguins au plus proche de leurs caractéristiques sanguines. Pour des milliers de patients, il est donc essentiel qu’une grande diversité de donneurs se mobilisent régulièrement.

C’est dans cette optique que le Ministère de la Santé à travers le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) ambitionne de s’étendre dans toutes les régions sanitaires du pays à travers la création de Centres régionaux de transfusion sanguine (CRTS).

Pour réduire de 15% la prévalence de la drépanocytose dans notre pays comme prévu dans les objectifs de notre Plan National de Développement Sanitaire 2024-2028, il est important que les populations connaissent leurs statuts, que les personnes porteuses de cette maladie héréditaire adhèrent aux conseils génétiques avant de concevoir leur premier enfant et que les médecins prescripteurs de certificats prénuptiaux n’établissent pas de documents de complaisance.

Bien que la prise en charge soit couteuse pour les familles et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale, le pays envisage dans les prochains jours de procéder au dépistage néonatal dans les grandes structures de santé. Cela permettra de prendre précocement en charge les nouveau-nés fragiles, afin de lutter contre la mortalité infantile. La possibilité de pratique de la greffe de moelle osseuse dans le cadre du traitement de la drépanocytose bien qu’étant une méthode aux couts de traitement élevé reste à l’étude.

Pour ce faire, nous conseillons une bonne hygiène de vie et des réflexes simples qui aident à prévenir la survenue des crises et de leurs complications. Il est recommandé de suivre les mesures simples suivantes pour éviter les crises :

  • Boire fréquemment de l’eau
  • Rester au chaud
  • Manger des aliments riches en fer, ou qui facilitent l’assimilation du fer (viande rouge, pâté de foie…)
  • Ne pas s’enrhumer ou plus généralement éviter au maximum les infections respiratoires
  • Porter des vêtements qui ne coupent pas la circulation sanguine, c’est-à-dire amples
  • Ne pas s’essouffler
  • Éviter d’aller à plus de 1 500 mètres d’altitude
  • Ne pas s’exposer à de fortes chaleurs (la déshydratation déclenche des crises par augmentation de la viscosité sanguine)
  • Éviter le stress
  • Consulter régulièrement son médecin.

À l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la drépanocytose 2025, faisons de notre santé et de notre bien-être une priorité. Rejoignez-nous dans cette mission vitale qui consiste à créer un monde en meilleure santé, plus heureux et sans drépanocytose pour les générations à venir en participant aux activités qui vous seront proposées au cours de la présente édition.

Je vous remercie

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À propos de ce Ministère

Le Ministère de la Santé est chargé de l’application de la politique du Gouvernement en matière de santé. Il a pour mission d’élaborer, de mettre en œuvre et de coordonner la politique de santé sur toute l’étendue du territoire national, en assurant et en promouvant la bonne santé physique, mentale et sociale des populations.